Notre revue de presse du 7 juillet 2008

Vers un nouveau régime de croissance. Le modèle occidental de croissance de la fin de la présente décennie ne sera pas celui de la fin des années 1970 mais ne sera pas non plus celui qui a prévalu depuis le début des années 1990. Il sera caractérisé par une croissance plus faible, par une inflation plus forte, par un moindre recours au crédit, notamment de la part des ménages qui consommeront plus modérément après s’être massivement endettés. Depuis 1996 leur endettement est passé de 100 % à 160 % du revenu disponible Outre-Manche, de 90 % à 130 % Outre-Atlantique, de 40 % à 70 % dans la zone euro hors Allemagne.

Les deux modèles de l’union européenne.
« Depuis sa création, l’Union Européenne hésite entre deux modèles opposés : les États-Unis et l’Union Postale Universelle » écrit Jean-Louis Bourlanges qui poursuit : « D’un côté une entité quasi-étatique ramassée sur un territoire bien délimité, dotée d’institutions fortes et vouée à l’exercice collectif de la puissance ; de l’autre une organisation internationale classique, d’extension territoriale indéfinie, dédiée à des missions particulières, en l’occurrence la régulation économique, commerciale et monétaire et disposant d’institutions adaptées à son objet. »

Pour faire baisser le taux d’endettement.
Il faudrait soit augmenter les impôts de 8,6 milliards d’euros par an (il faudrait multiplier par deux l’ISF ou faire grimper de 15 % les recettes de l’impôt sur le revenu) soit baisser les dépenses de 8,6 milliards d’euros chaque année (une économie qui représente l’intégralité du budget affecté aux transports, trois fois les sommes allouées au Ministère de la Culture ou encore sept semaines d’enseignement scolaire en moins ; soit hisser la croissance du PIB à 2,2 % en moyenne par an, environ un demi-point de plus en moyenne qu’au cours des dernières années).

« Le temps de la mondialisation sauvage est derrière nous »
affirme Michael Spence, Président de la Commission Croissance et Développement créée en 2006 dans l’orbite de la Banque Mondiale. « Si la mondialisation, souligne ce Prix Nobel d’Économie, a pour conséquence un marché dérégulé qui ne protège pas les plus faibles, elle fera l’objet de plus en plus d’oppositions… Pour que la mondialisation se poursuive, il faut que l’ouverture sur le monde fasse reculer la pauvreté, ce qui nécessite un État fort avec à sa tête des leaders à même de créer le consensus autour des réformes nécessaires et de convaincre que ceux qui y participeront en profiteront. »

À lire. Toute l’œuvre d’Edgar Morin
(Le Seuil, 59 euros), trente ans de travaux du philosophe de la complexité et de « la politique de civilisation » ; « Ma Sécu » de Éric Merlen et Frédéric Ploquin (Éd. Fayard, 413 pages, 20 euros) ou la Sécurité Sociale racontée comme un roman ; « L’implosion » chez Fayard par Paul Jorion qui a, le premier, diagnostiqué la crise des subprimes et qui nous montre, ici, qu’elle est loin d’être terminée ; « Comment le Web change le monde » de Francis Pisani et Dominique Piotet (Éd. Village Mondial) qui affirment que les nouvelles technologies de l’information vont permettre une créativité démultipliée grâce à la collaboration entre internautes, ce qu’ils baptisent « l’alchimie des multitudes ». « Le village numérique mondial » (chez Odile Jacob, 23 euros) de Didier Lombard, patron de France Telecom qui analyse ce qu’il appelle « la deuxième vie des réseaux ».

Au menu de 2009. La révision générale des prélèvements obligatoires devrait recevoir une première application concrète dans le budget 2009 avec quatre sujets étudiés : une réforme de la taxe d’habitation – révision des valeurs locatives – des mesures en faveur de l’écologie mais sans la taxe carbone réclamée par Nicolas Hulot ; une baisse de la taxe professionnelle et un « ménage » des niches fiscales avec probablement leur limitation dans le temps.