Notre revue de presse du 15 juillet 2008

Socialiste et libéral. Pour Vincent Peillon « le socialisme des origines n’est en rupture avec le libéralisme que dans la mesure où il cherche à l’accomplir. Et le libéralisme, s’il ne s’accomplit pas en socialisme, trahit les libertés ! Le socialisme libéral a deux volets : défense et conquête des libertés et combat, par l’égalité, pour la réalisation effective de ces libertés » ; pour Jean-Fabien Spitz « le libéralisme est une doctrine selon laquelle les individus ont des droits imprescriptibles attachés à leur personne ; pour les libertariens, prendre à certains ce qui leur appartient afin de le redistribuer à d’autres, c’est du vol et de l’esclavage ».

 

Les traits marquants du temps aujourd’hui. Pour le philosophe Bernard Stiegler « notre époque est caractérisée par la synchronisation. Les industries de programme tendent à synchroniser l’activité de la conscience de chacun, contrôle sur la vie des âmes par le marketing et la télévision qui instaurent le psychopouvoir caractéristique de notre époque ». Et l’auteur de préconiser une forme de « déprogrammation » en organisant une forme de « vacance », parce que « dans la vacance, on cherche à retrouver la consistance dans son existence. »

L’inquiétant retour de l’inflation. Pour Éric Vergnaud, économiste à BNP Paribas « la flambée des prix vient surtout des produits alimentaires et du pétrole, alors que l’inflation sous-jacente reste sage pour le moment… La baisse des anticipations d’inflation et la stabilisation dépendent largement de la crédibilité de la BCE à assurer la stabilité des prix à moyen terme ; quant à la hausse des taux directeurs de la BCE elle ne fait pas baisser le prix du pétrole et peut même, surtout isolée, avoir l’effet inverse, en renforçant l’euro face au dollar. Ceci n’incite pas les pays producteurs de pétrole, rémunérés en dollars, à augmenter leur offre. »

À lire… pour l’été. « La dent du renard » de Lucette Finas (Ed. Gallimard), triptyque halluciné sur le thème de la culpabilité ; « Millenium » de Stieg Larsson (Actes Sud), un extraordinaire phénomène d’édition ; « La France et ses esclaves » de Frédéric Régent où il est question de l’histoire de l’esclavage sur les terres françaises ; « Castor de guerre » de Danièle Sallenave, un beau portrait et une biographie passionnante de la philosophe ; « Le nouvel esprit de la démocratie » de Loïc Blondiaux tentant ici de définir « la démocratie participative », régime dans lequel « l’aptitude à juger des affaires politiques doit être considérée, une fois pour toutes, comme universelle » ; « Pourquoi les pauvres votent à droite ? » par Thomas Frank, voilà une plongée au cœur de l’Amérique profonde, là où George Bush est l’idole des plus démunis.

Le pacte d’immigration. Pour le spécialiste Jean-Pierre Garson « ce pacte manque d’une véritable ambition, celle de gérer les migrations pour soutenir la croissance économique et atténuer les conséquences du vieillissement démographique… Ce qui importe c’est de mettre en place des mesures pour orienter une partie des flux irréguliers vers des canaux légaux… Dans les pays « gardiens » des nouvelles frontières de l’Europe, le statut de migrants est souvent très précaire ».

Il y a « travail » et « travail ». Pour le sociologue Robert Castel « le travail est essentiel en tant que support de l’identité de la personne à travers les ressources économiques et les droits sociaux auxquels il donne accès. Au contraire, l’institution de formes dégradées d’emploi au nom de l’exigence de travailler à tout prix et à n’importe quel prix conduit aussi à la dégradation du statut de travailleur, et finalement, de la qualité de citoyen. » D’où la volonté du sociologue de « réhabiliter le travail » – souhait du Président de la République – mais aussi de respecter la dignité des travailleurs.