Notre revue de presse du 10 novembre 2008
Le point de vue de Zygmunt Bauman, sociologue, l’un des penseurs les plus lucides de la mondialisation. À propos de la crise : « Ce n’est pas la fin du « libre marché mondial » mais plutôt une nouvelle tentative, la plus spectaculaire à ce jour, de le sauver de la réalité dont il a lui-même accouché. Ce n’est pas non plus un hoquet de la mondialisation mais le signe que son appétit devenu boulimie est intact et sert toujours de fondement tacite et indiscuté à tout ce qui dans le langage politique passe pour du réalisme ». Et d’ajouter en observateur original : « L’État-Providence, pour les riches, n’a rien de neuf : c’est seulement l’ampleur qu’il a prise et la publicité qui lui est donnée qui suscitent l’indignation ».
L’usage du net dans les entreprises. 61 % des salariés disposent d’Internet sur leur poste de travail, 78 % se connectent tous les jours, 45 % consultent leur dossier professionnel à distance, 61 % considèrent Internet comme un outil de travail ; 49 % des salariés n’utiliseraient jamais leur messagerie pour un usage privé mais 51 % des patrons estiment qu’ils le font tous les jours ; 76 % estiment que les restrictions d’accès ne sont ni trop ni pas assez sévères ; ils sont 83 % à utiliser des sites d’information directe et 57 % à consulter des articles de presse.
Obama : l’analyse du Wall Street Journal. « La conquête de Washington par les démocrates devrait se traduire par une réglementation financière plus stricte, une augmentation des dépenses sociales et des mesures plus favorables aux travailleurs, le tout, dans un contexte difficile pour le monde des affaires. »
La crise et Pascal Lamy, directeur général de l’OMC : « Nous entrons dans une récession très sévère. Le commerce doit jouer son rôle d’amortisseur des tensions. Garder des échanges ouverts sera fondamental pour sortir de la crise qui trouve son origine dans la contraction excessive d’une sphère financière dont la dilatation avait été excessive… C’est une crise d’ampleur totalement inconnue dont la durée est imprévisible… Il existe deux trous noirs dans la gouvernance mondiale : la finance, avec ses bulles qui éclatent et les migrations, un secteur où il n’y a pas de bulle mais des drames quotidiens. »
« Pour sortir de la crise, oser consommer et oser s’endetter ». Tel est le diagnostic de Jacques Attali, soulignant : « Moins les gens consomment, moins les entreprises ont de chiffre d’affaires ; moins les entreprises investissent, moins les gens ont de travail. Autrement dit, consommer moins c’est détruire son propre emploi. Autrement dit encore, la prudence crée la crise : la mise en œuvre du plan B crée sa nécessité… Les perdants seront ceux qui n’ont pas contracté de dettes. Les gagnants seront ceux qui auront su, avec sang-froid, consommer et s’endetter à taux fixe ».
Crise : le point de vue d’Hernando de Soto. Auteur du classique « Le Mystère du capital » : « La question fondamentale reste la manière dont vous allez redéfinir le capitalisme et les règles du marché… Depuis 1929 toutes vos récessions résultent de l’effondrement des écrits et registres qui représentent la valeur des biens et des propriétés… Vous avez oublié le fondement du capitalisme : rendre la valeur lisible par tous, l’établir par un droit de propriété. »
